Vie de la Terre

Je vise le dialogue qui donne la joie du Ciel sur la Terre : un engagement résolu à ne pas laisser les droits de l'Homme impunément violés. Combat pour l'intelligence et la Vie, pour la foi et le refus des dictatures. L’Etat est aussi vrai que l’Homme est dans la vérité. Et l'Homme ne vit pas d'Etat seulement, mais aussi de toute parole qui sort de la religion. Veiller à être simplement homme, femme, enfant. Une vision à transmettre de notre vie sur la Terre.

08 avril 2008

Colloque CAP Liberté de Conscience

Maître Dominique Kounkou interviendra au colloque de CAP LC sur le thème :
Peut-on parler de liberté religieuse en France et dans les relations internationales ?

Samedi 17 mai 2008 de 14 heures à 19 heures

KIRON ESPACE • 10 rue La Vacquerie • 75011 Paris

Si le gouvernement prend conscience que le problème est créé de toutes pièces par une minorité d’associations qui vivent des subventions de l’Etat, il reste encore beaucoup à faire pour que disparaissent plus de 30 ans de désinformation.

Des juristes et des avocats, au fait des problèmes que rencontrent les minorités, traiteront des thèmes suivants :

- Comment faire quand des rumeurs circulent sur Internet ?- Quoi faire face aux fausses allégations des associations anti-sectes ?

- Comment se défendre quand vos choix spirituels sont source de discrimination ?

- Projet d’une nouvelle commission d’enquête parlementaire, quel danger pour le statut des thérapeutes et psychothérapeutes ?

Voilà quelques réflexions auxquelles vous pourrez trouver des réponses concrètes.
Débat avec la salle, les avocats répondront à vos questions.

Le colloque se clôturera avec des rafraîchissements et sera l’occasion d’un moment d’échange.

Participation : 15 euros adhérent / 20 euros non adhérent

Pour se rendre à Kiron Espace :
En métro : •ligne 9, station Charonne ou Voltaire•
ligne 2, station Philippe Auguste
A pied : de la Bastille, par la rue de la Roquette direction Père Lachaise.
En bus : lignes 61 - 69, arrêt Saint-Maur Servan
En voiture : entre Bd Voltaire et le Bd Ménilmontant

Nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence à cette adresse : info@coordiap.com

17 mars 2008

"L'inculture religieuse"

CAP LC : Que pensez-vous des déclarations de Madame Alliot Marie sur le rôle de la Miviludes. ?


Dominque Kounkou : Je pense que Mme Alliot Marie a pris un risque très grand mais qui est un risque politiquement valable.


Ce risque est grand dans la mesure où le ministère de l’Intérieur intègre aussi le bureau des cultes. Jusqu’à présent, ce bureau s’est défini pratiquement comme un bras séculier en dehors du bras politique qui est évidement la politique du ministère de l’Intérieur. Le rôle de la Miviludes, aujourd’hui, rentre en conflit avec celui du bureau des cultes en se « définissant » aussi comme un bras séculier.


On a pu constater cette opposition entre les deux organismes, lors de la dernière commission d’enquête parlementaire où Mr Leschi, directeur du bureau des cultes, parle de la petite reconnaissance des Témoins de Jéhovah, alors que la Miviludes en parle comme une « secte ».


Ce qui ne paraît pas politiquement correct de faire est pratiquement relégué à la Miviludes.


Donc, je pense que la position de Madame Alliot Marie était politiquement bonne dans le sens où le problème de la religion est d’abord un problème politique dans sa totalité. Il était donc important que Mme le ministre de l’Intérieur puisse recentrer son regard sur la question de la religion, puisqu’en France c’est elle qui est notre ministre du culte et ce n’est pas la Miviludes.


CAP LC : Que pensez-vous du rôle de la Miviludes aujourd’hui ?


Dominique Kounkou : La Miviludes est une mission et, par définition, une mission ne peut pas être pérenne. Elle a un rôle déterminé, justement on lui confie une mission. Mais dans ses agissements, on a le sentiment qu’elle devient une sorte « d’annexe » du ministère de l’Intérieur. Alors, tôt ou tard, il y aura un problème qui va se poser, à la fois citoyen mais aussi constitutionnel. En effet, la liberté religieuse est quand même une liberté défendue par la constitution. Peut-on alors se permettre de laisser cette liberté religieuse entre les mains d’une simple mission ? Je ne le crois pas. Cette mission doit-elle contrôler la vie des citoyens, les croyances des citoyens ? Je crois que c’est maladroit dans un pays comme le nôtre qui est quand même le pays des droits de l’Homme.


CAP LC : Pensez-vous que c’est au politique de régler cette question religieuse ?


Dominique Kounkou : Je crois que le politique retrouve sa place mais c’est un choix risqué parce que la question religieuse est une question très épineuse. Si déjà la question se pose avec ce qu’on appelle les cultes établis, les cultes dits historiques, tels les catholiques, les protestants, dès qu’on commence à parler des nouveaux mouvements religieux, il y a beaucoup d’inquiétude.


Cette mission agissant comme une sorte de digue pour éviter toute inquiétude au politique, évidement dès l’instant où l’on commence à se dire que la Miviludes doit changer, il faut bien que notre ministre s’attende à des retours de bâton et je comprends bien cette sorte de « vacarme » politique.


Mais je suis persuadé que le recentrage de la question religieuse autour du ministère de l’Intérieur est capital pour la survie de la liberté religieuse en France.


Cette question n’appartient pas à une mission, quelle qu’elle soit, et je ne parle pas personnellement ni de la qualité des membres qui composent la Miviludes, ni de leur travail, je parle de nos libertés.


Nous avons un ministre du culte qui doit assumer son rôle, ce qui signifie que le citoyen sache de manière précise que c’est celui-ci qui gère la question des libertés du culte.


Je comprendrais que le bureau des cultes organise une mission ponctuelle, donc non permanente, pour faire une sorte d’audit sur la question des nouvelles pratiques religieuses.Mais en l’état actuel, si on sondait les Français pour savoir s’ils accepteraient que leur liberté de Culte soit gérée par une mission et que, dans se cas, le ministère de l’Intérieur n’aurait plus cette responsabilité, je suis persuadé que les gens s’opposeraient à cette idée. Donc, si l’on veut amputer le ministère de l’Intérieur de sa fonction, une de ses attributions capitales, celle de la liberté des cultes, alors poussons la logique jusqu’au bout et créons un ministère des Cultes. On n’aura plus besoin de la Miviludes puisqu’il y aura un ministère des Cultes, voilà mon sentiment.


J’analyse cette question de droit et de liberté de tous en tant que politique et avocat.


CAP LC : A quoi attribuez-vous cette phobie des nouveaux mouvements religieux et de la religion en général ?


DK : J’ai le sentiment que ce pays, qui est un pays grand au niveau des idées, au niveau des droits de l’homme, est un pays qui a construit dans le temps ce que je peux appeler « l’inculture religieuse ». D’ailleurs, c’est mon professeur et mon ami Emile Poulat qui, lors d’un colloque que j’avais organisé, avait parlé de « l’inculture religieuse » des Français.


Mais je crois aussi qu’il y a une « inculture religieuse » du monde politique, parce que la politique est définie exclusivement à travers l’économique. On se battra pour les indices de prix, pour le pouvoir d’achat, on se battra pour les accidentés de la route, on se battra pour savoir si le commerce extérieur fonctionne ou ne fonctionne pas, là c’est légitime.


Mais dès l’instant où l’on parle de la religion, on a l’impression que l’on marche sur des œufs. Cela tient du fait qu’il y a deux cents, on a pensé que l’on pouvait se passer de la religion.


Mais au fond, même la loi de 1905 ne dit pas qu’il faut se passer de la religion. Elle dit seulement que, dans la sphère publique, il est bien que l’on ne puisse pas traiter les individus en fonction de leur appartenance religieuse, au fond c’est tout ce que la loi dit. La loi de 1905 ne dit pas qu’il ne faut pas parler de la religion en public, elle ne dit pas que si quelqu’un devient ministre, il doit devenir athée. La loi de 1905 nous dit simplement que tu sois musulman, que tu sois protestant, que tu sois catholique, que tu sois tout ce que tu veux, tu as le droit, en tant que citoyen, de participer à la vie économique et sociale du pays sans que l’on regarde la couleur de ta religion.


Une fois que l’on revient à ce débat, les questions ne sont plus les mêmes. Oui, je peux être protestant et assumer mes fonctions politiques, je peux être catholique et assumer une fonction politique et ainsi de suite ; la conviction religieuse n’est pas gommée dès qu’on assume une fonction quelconque.


J’ai envie de dire, en tant que chrétien, que le temps est un outil précieux qui appartient à Dieu, qui le met à la disposition des hommes.


Du coup, nous avons besoin du temps et je dirais même à Madame la Ministre de l’Intérieur qu’elle a aussi besoin du temps pour que les grandes options qui ont été prises, y compris par le président de la République, puissent se traduire de manière à corriger « l’inculture religieuse » qui est la nôtre.


Il nous faudra du temps, et ce n’est peut être pas en une génération qu’on arrivera à corriger, il faut être réaliste. En effet la génération présente a été éduquée sur l’idée que c’était une valeur républicaine de ne pas parler de religion.


CAP LC : Que pensez-vous de la levée de boucliers des milieux dits laïques et du grand orient en particulier ?


Dominique Kounkou : J’ai écouté les francs-maçons qui ont parlé de cette question. Quand je regarde l’histoire de la franc-maçonnerie, c’est quand même un pasteur qui est à l’origine de celle-ci . Donc il ne faudrait pas qu’ils oublient leur origine ; si franc maçon signifie devenir mécréant il y a un problème. La franc-maçonnerie ne peut pas nier l’existence de la religion ne serait ce qu’à cause de ses racines religieuses. Et de plus elle fonctionne comme une religion. Notre société a-t-elle besoin, oui ou non, d’une religion, ne serait-ce que pour nourrir nos valeurs, juste pour transmettre une valeur ajoutée à nos valeurs ? Même quand je regarde les rituels de franc-maçonnerie ils sont typiquement religieux.


CAP LC : Quelles seraient vos propositions pour l’avenir ?


Dominique Kounkou: Ouvrir un débat pour notre société. Les sociologues savent que « nous nous nourrissons » de la société.


Mais que met-on dans cette société si elle est polluée ?


Pourquoi parle-t-on de « racaille » et de tout cela ?


Parce qu’il n’y a plus de valeur. Mais qui donc peut leur donner de la valeur ? Ce n’est pas seulement l’étude la Constitution, cela on le fera pour avoir des bonnes notes, pour avoir des valeurs morales intérieures. Pour donner de la valeur, on est obligé de revenir sur le religieux, dans sa forme la plus primordiale.


Je suis heureux de voir qu’en politique, on commence à lever le petit doigt pour dire : voilà je suis chrétien, je suis musulman, qu’importe, mais voilà j’ai une religion et elle au moins a le droit de cité dans ma vie de tous les jours.


C’est pour dire que rien n’est irréversible, je pense que là il y a un courant qui a été lancé, il y a une sorte de prise de conscience qui a été faite, une sorte de rendez-vous qui a été donné.


Maintenant, il faut que l’on ait le courage de construire ce monde dans lequel les valeurs religieuses retrouverons leur place, sans s’opposer à une institution ou un groupe. Il s’agit de notre société, examinons-là, j’ai envie de dire : faisons l’inventaire de notre société, de quoi a-t-elle besoin, de quoi se nourrit-elle ?

15 février 2008

L’AFRIQUE PROMISE

L’AFRIQUE PROMISE

Y'a t-il une seule raison de continuer à développer un rêve sur l'Afrique et d'en faire un mouvement qui fait le choix de travailler à un avenir avec espérance de l'Afrique? Elle ne peut-être trouvée que dans cette conclusion provisoire à laquelle nous sommes parvenus :Nous n’avons pas à développer l’Afrique, nous avons à être responsable devant l’Afrique. Ce n’est pas le développement de l’Afrique que nous devons chercher mais, la réparation des préjudices qu'Africains et Occidentaux nous avons fait subir et continuons à faire subir à l’Afrique.

Quand, en effet, les trois cents invités ont littéralement envahi le pont Alexandre III habillé par l’art africain à quelques mètres du parlement, les Amis d’Initiatives AFRICAINES, de FENETRE SUR et des Gardiens du pont se sont senti récompensés de durs nuits et jours de travail. C’était le 1er juin 2007 de 19 heures à 23 heures l’AMBASSADEUR du SENEGAL à l’UNESCO était là, des directeurs de musées, des chefs industriels, des professeurs d’universités, des avocats et d’autres encore étaient venus saluer l’évènement unique en cette période d’élection présidentielle, puis d’élection législative.L’Afrique était présente, par ses artistes, ses musiciens, ses intellectuels, par ses entrepreneurs, mais également par ces femmes, hommes et enfantd d'Occident, Africains de coeur.

Le pont d’Alexandre trait d’union entre partie de la même ville de Paris, devenait le pont qui comble le fossé entre l’Afrique et l’occident. Ce pont allait faire des merveilles.

I. D’INSULARITE EN INSULARITE.

Par cette soirée inaugurale, le brassage et les échanges démontrait avec étonnement que nous avons tous une part inavouée de l'Afrique en chacun de nous. Insulaires de part le monde, nous avons en l'Afrique la seule terre de liberté qui nous reste et que nous nous évertuons à ruiner.Cette libre et responsable fraternité nous a permis d'écrire une feuille de route où dans des ateliers animés avec l’esprit réseautique nous avons résolu de vivre autrement notre relation à l'Afrique.

Il devenait urgent d'abonder le fond social, spirituel, économique financier et politique capable de servir de véritables leviers pour un véritable sursaut de réparation de l’Afrique.Au lieu de poser en termes polémiques la question sur l’avenir des relations entre l’Afrique et l’Europe, nous avons choisi de laisser hommes, femmes et enfants de tout horizon venir au pont et voir la puissance irréductible de la création et de la créativité africaines.Là où la politique avait son monopole d’échafauder des plans de développement sans avenir nous avons invité l’homme à révéler son visage d' humain en allant à la rencontre de l’autre.Là où les systèmes piègeaient l’action, nous avons invité l’homme à reprendre ancrage dans la vie antérieure où l’amenait l’interpellation des œuvres d’artistes talentueux comme Malam, Arno, Philippe… afin d’oser entrer dans la Grande Histoire où l'Amour élimine toutes nos peurs ancestrales et nos prétentions contemporaines égoïstes.

Là où la politique n’était plus que de la politique (l'art du mensonge), nous avons invité à l'inauguration de la politique humaine qui libère d’une vielle servitude de l’esprit et du corps pour entrer dans la marche définitive et pleine de sens qui fait entrer dans l’Afrique promise. Comme on s’y attendait peu, les fruits de ces défis des vingt jours sur l’Afrique en plein Paris a dépassé la promesse des fleurs de la séance inaugurale.

Sans discontinuer, le flot des visiteurs, des familles a encoouragé l'équipe du pont. Des élus politiques sont passés. Des étudiants de l’Universités de Californie (U.S.A) conduits par le professeur MUTOMBO sont venus sous le pont découvrir une Afrique vivante sous l'exposé de Marie-Laure dont la charte écrite il y a quelques annéeés est encore d'une actualité visionnaire.

Toute cette expérience continue à montrer qu’on a tort d’ignorer l’Afrique.

L’Afrique n’est pas le passé, mais le futur du monde.

Les artistes se sont chargés de nous l'enseigner. Ils ont organisé individuellement ou en groupe des soirées privées. En expliquant leur art, ils nous ont expliqué leur vue sur l'Afrique et leur vision du monde.

Chaque artiste a su nous tenir par son regard et nous introduire dans l’incroyable compréhension de l’autre. L' inaccessible nous l'avons atteint par la beauté et la puissance de l' art.

Plus qu’un simple sentiment l’art est pouvoir qui, une fois expliqué, met l’initié en position de précéder l’aurore.

Par l’art qu’on voudrait trouver épars et sans consistance, le pont Alexandre III, est en train de d’ouvrir à l’homme qui a peur d’aimer l’autre un ancrage des insularités d’où nous sommes les natifs tous Africains, comme Occidentaux.

N'est-ce pas à cause du miracle de cet ancrage d’insularités en insularités, où s'éveillent les énergies fraternelles que sans pudeur le Français, Patrick Brunie a pu dire en humain : « Etrangers ne nous laissez pas seuls entre Français »!

Une telle parole symbolise les promesses de fraternité qui dépassent ceux de l’or noir qui fait courir tant d’homme d'homme avide de richesse d'un hémisphère et fait couler tant de sang des hommes que les premiers piètinent dans l’autre hémisphère.

II. Remettre à l’endroit les règles du jeu faussé.

Cette brassée humaine inattendue entre la culée gauche du pont Alexandre III et l’Afrique est une promesse artistique mais aussi un défi politique majeur. Quand la cantatrice Yann Mareine, chante l'Afrique et la diaspora des profondeurs, la cinéaste Rahmatou KHEITA raconte la vie de la première actrice Nigérienne, qui a fini oubliée dans la solitude! L'Africain appris à oublier l'autre Africain pour gravir les marches d'une gloire éphémère qui ruine. Pourtant à travers, cette artiste c'est bien au berceau du cinéma africain qu'on touche! La beauté de tous ces arts est une des plus belles revendications sur la nécessité de faire exister en plein Paris une Maison de la culture de l’Afrique Universel. Le sait-on, l'Afrique n'a pas à Paris où reposer sa tête!

Depuis des années nos grands Aînés, SENGHOR et Aimé CESAIRE, on fait l'inventaire de la négritude, le temps est venu sans doute à partir d'INITIATIVES AFRICAINES d' écrire une nouvelle page de la conquête des grands fonds occidentaux par l’Afrique à partir de l’art pour marcher vraiment à la rencontre de la femme et de l'homme de l'hémisphère nord débarrassé du carcan des systèmes.

En quelques semaines, le pont a atteint son plateau où l’art a fait mûrir la réflexion sur des sujets bien ciblés : la nouvelle coopération et la femme africaine en diaspora et en Afrique.La nouvelle coopération est apparue comme un sujet à explorer au long cours pour déboucher sur un colloque en fin d’année 2007 ou en début d’année 2008.

Dans ce premier entretien, M. MAMADOU DIA journaliste s’est étonné que la France soit encore raciste envers l’Africain, malgré la richesse de son histoire. Le professeur MUTOMBO a pu rendre compte de son expérience américaine et faire la comparaison entre la manière dont la France gère les Africains diplômés des universités françaises et la politique américaines ou canadienne à l’endroit des mêmes Africains.

L’après - midi, Madame le Pasteur LOUSSAKOU Bernadette et Monsieur BOURDUN Michel ont pu exposer un exemple type de cette nouvelle coopération. Elle consiste en la mise en relation en dehors des superstructures étatiques des entrepreneurs d’Afrique qui débutent avec des industriels occidentaux honnêtes et capables de se rappeller leurs débuts difficiles en vue d’établir un partenariat fondé sur l’accompagnement et une charte éthique.Monsieur Charles AGOEH , président et co-fondateur d'écolab a présenté un programme de travail qui rend responsable et maître des technologies les porteurs de projets.

La qualité du débat qui en a survie a mis en évidence les idéologies qui s’attachent aux programmes de développement insusceptibles de produire le développement durable tant attendu voici plus d’un demi siècle à présent.

L’Africain écarté, son patrimoine matériel et immatériel piétinés sert de faire valoir.Sa présence sert à générer des fonds qui enrichissent les fameux experts du développement : pompe à argent dont l’Afrique ne connaît point la couleur.

Le temps de réajustement est arrivé. C’est le message à retenir de la journée de la femme animé avec brio par la journaliste Mademoiselle Stevyne NZAMBA. Elle a interviewé en direct Madame LOUSSAKOU Africaine qui est née et a grandi en Afrique pour mesurer la différence intergénérationnelle avec les jeunes Africaines, comme elles qui sont nées et ont grandi en France. Cette mesure de la distance et en même temps de la proximité générationnelle donne des marques à la jeune génération afin que l'intégration ne soit plus synonyme de la dissolution.

L’interview de la Princesse a éveillé la conscience du public sur la question de DARFOUR. Son histoire propre se fond avec la souffrance de son peupl,.ce peuple qui connaît le génocide.

Se battre pour sauver le DARFOUR est donc un engagement rempli de significations. Cet engagement est aussi un fort cri poussé pour sauver l’Afrique qu’on étrangle de génocides en génocides sous les yeux habitués à la souffrance des Africains déshumanisés.Madame NDOULOU Michelle, la nouvelle vedette de la chanson africaine a parlé de cette Afrique complexe qui allie héroïquement vie de diaspora, vie de famille et vie d’artiste de la chanson qui demande un si grand don de soi.

Le témoignage du grand mannequin Camerounais montre le dur chemin de la réussite en France. Cet également ce que l’on retient du travail de la cinéaste Rhamatou KEITA. Les Africains ont pu ouvertement dire, sans amertume, comme il est si difficile de réussir en Occident, alors que les Occidentaux s’installent et prospèrent sans grands obstacles en Afrique.

Au temps de grandes frilosités nationales, ces temoignages font réfléchir les Africains qui doivent apprendre à developper leur puissance en réseaux solidaires.

La France aussi pourrait s'interroger et entrer en dialogue avec cette diaspora qui est quelquefois mal jugée. Mais la France n’est pas la seule en cause tout l’Occident pourrait constater que cette absence de réciprocité dans les conditions d’entrée, d’installation de vie fausse les règles du jeu dans la coopération avec l’Afrique.

Bref, unanimement les participants aux ateliers d’étude ont conclu au rejet des thèses du développement car l’Afrique existe dans sa dimension continentale dont la superficie englobe l’union Européenne, les Etats - Unis d’Amérique, l’inde comme dans sa dimension de diaspora qui à semé sur les terres occidentales de son savoir faire et de son savoir être.Cette Afrique qui existe n’a pas besoin d’être développé mais elle réclame des hommes des femmes et des enfants responsables qui s’unissent et se lèvent pour reconstruire où la main d'homme à ruiner.

Points de salut sans unité et volonté inébranlable de se lever pour construire ensemble. La liberté acquise ne sera confirmée que par la marche exigeante et longue vers la reconnaissance de l’Africain par l’autre Africain aussi bien du continent que de la diaspora. La haine n’a jamais conduit un peuple qu’à sa propre mort : peuple divisé contre lui-même va a sa perte. L’exode Africain n’hésitons pas à l’entreprendre.

Il nous faut avancer vers l’Afrique promise. Qu'elle nous regarde ou non l ’Afrique blessée nous regarde tous autant que nous sommes, Occidentaux et Africains arrêtons de continuer à à sa mort. Cessons de parler du developpement et reparons ce que nous avons détruit. Au lieu du développement, c’est à la réparation, en effet, qu’appellent les dommages causés à cette Afrique. Réparer est une œuvre plus pleine de responsabilité plus belle que développer. Mais réparer est aussi également une œuvre solidairemnent humaine car un seul doigt ne peut jamais arriver à laver tout le visage.

Venez donc levons - nous, bâtissons ensemble et réparons l’Afrique que délibérément nous avons détruit au long cours.

L’entrée dans l’Afrique promise est possible oui, mais elle l'est au prix de l’unité et de la réparation des préjudices causés à l’Afrique par des Occidentaux et des Africains. Il n'est pas trop tard.

Pasteur Dominique KOUNKOU,
Président INITIATIVES AFRICAINES

Maître Dominique KOUNKOU
Docteur en Droit International Public
Avocat à la Cour
Barreau de Paris

CABINET KOUNKOU
90 Rue Boileau
75016 Paris
France
Tél/Fax: +33145257214
Mobile: +33683753963
Emails:dominique-kounkou@orange.fr

Assistante : Michelle KOUNKOU

17 janvier 2008

La société de la Connaissance

Que d’analystes des évolutions des sociétés, aussi bien sociologues que philosophes, opposent enchantement et désenchantement de la religion dans la société globale !
Il s’agit là d’une erreur méthodologique et peut-être aussi épistémologique. La vérité est qu’enchantement et désenchantement du religieux dans la société ne sont que deux phases de vie du bien religieux par les hommes et les femmes qui en forment le corps.

Puisque nous autres sociologues nous savons que notre mission est de mettre en évidence la connaissance qui libère et évite la mort à tout un peuple, il est de notre devoir de sortir des voies tortueuses d’un savoir donné pour revenir à la limpidité lucide.

1) Le transit divin

En effet, le religieux est un bien qui se consomme. Mais ce bien est particulier : le vrai religieux nous est annoncé. Il est de production extra nos. Dans son existence absolue, le religieux, le vrai est un Dieu qui s’annonce à l’homme occupé à construire sa société.

Dans cette phase de l’annonciation, la rencontre du Dieu qui s’annonce de l’homme tout rempli de son besoin de la connaissance du Dieu qui le libère de sa mort, suscite de l’enchantement.
L’enchantement devient cette montée à la transfiguration du Christ qui poussa Pierre, le disciple de Jésus, à demander que l’on dresse une tente pour demeurer en face du vrai Dieu qui transite parmi les hommes. Ainsi, Il s’annonce, Il met l’homme au courant des projets de son cœur et Il atteste de lui réalisation.
L’enchantement est la réponse enthousiasmée de l’homme au transit divin et à sa manifestation qui le continue par voie de miracles attestatrices de l’existence du Dieu vrai.
Cet enchantement accumule un capital symbolique, culturel, économique, politique et autre. Ce capital est constitué, par transfert actif du bien religieux, du patrimoine divin que le Dieu de passage enseigne parmi certains hommes et femmes tirés du monde.

De ce point de vue le monde est un espace d’ultra ignorance de la connaissance qui libère et qui évite à l’homme et à sa société de périr. Il en découle le postulat selon lequel dans la phase de l’enchantement, se met en place dans le monde une civilisation particulière et innommée qu’on pourrait appeler la civilisation de la connaissance.
La mondialisation de l’ultra ignorance donne également la mesure de la quête de vie à un monde en survie.
Or, entre ce monde et la société qui vit de la civilisation de la connaissance, il y a nécessairement une rupture due à l’accueil par certains et par d’autres du Dieu qui a transité dans l’humanité. Le grand problème qui se pose et se posera toujours est celui de la socialisation de cette civilisation de la connaissance de sorte qu’elle se transfère activement de la société de la connaissance vers le monde de l’ultra ignorance.

II – Partage de la connaissance

Ce problème est résolu par le partage de la connaissance. Mais tant que ce partage est homélitique, il demeure simplement clérical. Il contribue, en effet, à renforcer le cercle d’enchantement formé et animé par les clercs.
Ce partage ne change rien au monde qui reste privé de cette connaissance qui contribue à resserrer le cercle des clercs. Le grand défi est donc de réussir le passage de la société de la connaissance animée par l’enchantement des clercs vers le monde, siège de l’ultra ignorance qui n’accède à la connaissance que par désenchantement.
Le monde ne consomme pas du religieux à l’état pur. Il traduit les propositions religieuses en biens dotés d’une valeur qui sort de l’ultra ignorance. Cette tradition est traduction de la confession religieuse en valeurs mondiales. Elle emprunte la voie des seuils dont Jean Baubérot a longtemps théorisé. Comme il est connu que tout bien consommé finit tôt ou tard par atteindre un niveau de satiété, le bien religieux produit des valeurs qui ont la faculté de se substituer à la production orthodoxe du culte. Ce ne sont que des valeurs. Ce n’est pas vraiment le culte à l’état pur.

Ces valeurs ont pour effet de continuer dans le monde, la communication de la connaissance des secrets qui libèrent, détenus jusqu’alors par les clercs seuls. Engagés loin du monde, ces clercs laissent aux laïcs vivant dans le monde le soin de transformer pour ceux du monde la civilisation de la connaissance en civilisation des valeurs. C’est la vraie laïcité.

III – Déchanter le désenchantement

La production abondante des valeurs est proportionnelle à la nouveauté de la conversion des laïcs et à la haute teneur en enchantement de la société de la connaissance.

C’est dans cette période d’abondance de valeurs que se produit le désenchantement.

Ainsi l’enchantement de la société de la connaissance est inversement proportionnel au désenchantement du monde.
L’offre du bien religieux de la société de la connaissance est alors trop importante par rapport à la demande en bien religieux du monde. Il s’en suit une saturation des valeurs issues du religieux qui affecte l’attrait de la religion dans sa pure production.

Pendant cette période, la religion est tout de même consommée sous sa forme particulière de valeurs qui donnent de la connaissance au monde.

Quand, dans la société de la connaissance, la foi décroît, la demande en biens religieux croit dans le monde. Cela produit l’enchantement. L’ignorance en la chose religieuse grandit dans le monde, mais la demande en valeurs d’origine est spécifiquement religieuse. Alors, le monde se met en quête des valeurs innommées dans la mondialisation, mais absolument disponibles dans la religion. La médiation par les laïcs s’active alors dans le sens inverse : du monde vers la société de la connaissance.

Il faut déchanter ce désenchantement qui remplit de découragement tout acteur religieux, et notamment les acteurs chrétiens.

Ainsi, l’agonie annoncée du christianisme par l’effet de l’enchantement -désenchantement, n’est souvent qu’une erreur d’analyse. Le christianisme, contre toute attente, continue de reformer le monde, car le monde a besoin des biens qui ne sont spécifiques qu’au christianisme. Son désenchantement est une étape d’incubation en vue de la production des valeurs qui réforment en profondeur le monde dans lequel l’homme vit. La rareté du christianisme nous prépare au retour du religieux chrétien qui réenchantera le monde sous peu.

Dominique KOUNKOU

26 décembre 2007

Le monde selon les Eglises Chrétiennes d'expression africaine

Texte présenté à la confénce international du CESNUR, Bordeaux 2007

Pour connaître la vision qu’un homme ou un peuple ou un mouvement d’Eglise a du monde, il est quelquefois nécessaire de remonter son histoire.

Cette remontée est une anamnèse. Elle met en présence des tragédies souvent inédites ou peu narrées, mais qui expliquent la ligne directrice de sa vision du monde.

Ce qui caractérise le monde du peuple noir est la Grande Tragédie dans la tragédie humaine vécue dans son histoire dans l’Histoire. Elle est si grande que la vie de ce peuple pourrait s’identifier à ces tragédies. C’est ce que la doctrine en sciences politique a appelé le fardeau de l’Homme Noir (The Black Burden). Qu’en est-il de la vision du monde des Eglises formées par des membres de ce peuple ? Est-elle de près ou de loin influencée par cette Grande Tragédie ? Pour répondre à cette question, il nous faudrait resserrer l’angle d’observation de ce peuple qui, en tenant compte de sa diaspora est au nombre de ceux qui ont le plus fait des apports significatifs au patrimoine religieux et immatériel de l’humanité. On parlera donc ici d’ Eglises Chrétiennes d’Expression Africaine, tout en ayant conscience que les contributions de la diaspora africaine issue de la déportation en Amérique du Nord et de la diaspora africaine issue de la déportation dans les Caraïbes et dans l’Amérique du Nord dite Latine ont pour rocher fondateur le même fardeau de l’homme Noir. Dans ces temps de la globalisation bien localisé la vision qui anime les uns et les autres est bénéfique pour construire un monde en marche vers une vision planétaire et globale.

I. le fardeau de l’Homme Noir

Le socle des tragédies et des malheurs de l’Afrique et des Africains du XV ème siècle jusqu’à nos jours est constitué par trois actes qu’Assani Fassassi dans son livre le pêché du Pape contre l’Afrique (ed. Alqualam Paris 2002 : 296 p) établit dans cet ordre :

- La bulle papale du 8 janvier 1454

- Le Code Noir du Roi Soleil, Louis XIV de 1685

- L’acte de la conférence africaine de Berlin de 1885

1. La Bulle Papale

La Bulle pontificale du 8 janvier 1454 est connue sous le nom de la Bulle du Pape Nicolas V, de son vrai nom Tomaso Parentucelli. Elle exhorte les Européens à l’esclavage, à l’asservissement et à la déportation des Africains vers le Nouveau monde comme on a eu coutume d’appeler afin de les évangéliser.

Plus précisément, par la Bulle Pontificale, le Pape Nicolas V adjure et exhorte le Roi Alphonse V du Portugal, dit l’Africain, ses successeurs et tous les Blancs Chrétiens « d’aller attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre les Africains ou qu’ils soient avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés ; de réduire leur personne en servitude perpétuelle »

Par conséquent, il demande aux Blancs chrétiens de s’attribuer et de s’approprier et faire servir à leur usage et utilité ces dits royaumes, duchés, comtés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces fidèles Sarrasins. Sous ce vocable on regroupait les Africains musulmans et Païens africains.

Alors, la Bulle sera une bénédiction papale. Elle va enlever tout interdit . Sous toutes considérations humanistes qui auraient en dernier ressort interpellé la conscience, la traite négrière aura son sceau. Elle pourra se pratiquer, se développer par des factoreries occidentales avec des comptoirs sur les côtes africaines en toute quiétude et prospérité. De grandes métropoles comme LISBONNE au Portugal ou Bordeaux, Caen en France vont connaître une vie florissante générée par cette traite négrière. Les capitaux tirés de ce commerce réinvestis et recyclés dans des industries qui continuent à assurer l’expansion de ces villes et d’autres en Occident.

Ainsi, la Bulle papale fut la lettre patente de l’asservissement du peuple Noir. Elle eut et continue à avoir un effet sur le mental des Occidentaux. Depuis, ils rivalisent en imagination des représentation négatives et méprisantes de l’homme, de la femme et de l’enfant du peuple Noir. Toute une machine de mondialisation avant la lettre de la mondialisation se mit en branle. Elle se traduit par des actions commerciales, politiques, religieuses pour réaliser la mission de la bulle papale.

Quelle fut et est toujours la mission que le souverain pontife voulait donner à sa bulle ? Il s’agissait de reconstruire l’identité européenne, menacée à l’époque par les Noirs. Pour y parvenir, il fallait absolument réduire les Noirs au statut d’esclave de l’homme blanc.

Il faudrait avoir cette idéologie de la bulle du Pape Nicolas V pour comprendre pourquoi et comment l’homme blanc dépense tant d’énergie à se croire supérieur à l’homme noir et à tout user pour maintenir dans la situation d’esclave politique le continent africain et tous ses déportés partout dans le monde. C’est ce qu’on appelait la reconquista. Elle continue dans toutes les formes politiques, économiques et financières.

De cette période date, en effet, l’absolue détermination de l’Occident de chercher à maintenir jusqu’à aujourd’hui l’idéologie essentielle de cette Bulle Papale : réduire les Africains et les Noirs, partout dans le monde entier, en servitude perpétuelle.

Robert BADINTER le 8 février 1994 dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de l’esclavage, avait prononcé un magistral réquisitoire, (reproduit par Epinay Le Mensuel n°89 avril 1994), envers l’esclavage des Nègres qu’il a qualifié de « crime atroce contre l’humanité ». Selon lui, « la traite et l’esclavage sont indissociables dans la tragédie africaine ». C’est pour fournir des esclaves aux colonies que la traite est née et s’est poursuivie pendant plus de deux siècles. Ainsi, un crime, l’esclavage des noirs sur le continent américain et les îles de l’Amérique, a-t-il suscité un autre crime, la traite des Africains enlevés, vendus et transportés comme des bêtes souffrantes jusqu’aux lieux de misère que l’économie coloniale leur avait assigné. Pour BADINTER « plus de 11 millions d’Africains ont été arrachés à leurterre natale pour être déportés aux Amériques … Entre 1707 et 1793, on compte 3342 expéditions parties des des ports français.Un tiers de celles-ci ont lieu dans la dernière décennie. L’année la plus prospère du trafic fut 1789. Jamais les grands ports négriers, Nantes en premier lieu, mais aussi La Rochelle, Bordeaux, Le Havre n’avaient tant armé de bateaux pour le transport des esclaves noirs qu’au moment où tombait la Bastille et disparaissaient les privilèges en France».

Jacques CHIRAC à l’époque où il était le Président de la République française a pu déclarer : « la dignité des uns et des autres passe par la reconnaissance d’une histoire que l’occident ne doit plus ignorer ni taire, celle de la déportation de millions et des millions d’Africains pendant près de trois siècles et demi ».

Tout continue à être fait pour qu’en Occident et même en Afrique, cette gigantesque catastrophe humaine et universelle soit occultée et totalement ignorée.

FEDERICO MAYOR, alors Directeur Général de l’UNESCO a pu le noter ainsi : « le projet de la route de l’esclavage constitue sur le plan éthique une volonté d’assumer un fait historique majeur longtemps occulté : le commerce triangulaire de la traite négrière »

Faudrait-il s’en étonner ? Certainement pas. On sait très bien que tant que les lions n’auront pas leur propre histoire et leurs propres historiens, les histoires de chasse ne seront que celles des chasseurs.

Il est très important de réaliser que si la tragédie et le fardeau de l’Homme Noir ont commencé par la religion avant de devenir une idéologie politique, c’est par la religion également qu’ils peuvent être abolis. Leurs effets, jusqu’aux facteurs mentaux négatifs les plus désastreux ne peuvent être lavés que par la parole de Dieu destinés non plus à la capture de la personne humaine, mais au réveil d’un peuple.

Qu’en est –il du Code Noir.

2. Code Noir

Il faut bien prendre conscience du fait qu’une idéologie pour devenir un système d’organisation politique, économique et social a besoin d’une superstructure juridique pour créer un ordre public.

C’est la France, fille aînée de l’Eglise, qui va se charger d’articuler en 70 articles la volonté du Pape dans un recueil juridique et canonique appelé le Code Noir, p33

Art 44 : « Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer en la communauté, n’avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre cohéritiers sans preciput ni droit d’aînesse… ».

L’esclavage pour devenir un commerce global appelé traite négrière a eu besoin du code Noir pour réguler ce commerce.

Ainsi, si la globalisation est un une nouveauté pour le monde il y a lieu de reconnaître que l’Afrique a été victime de la mondialisation avant la lettre.

Ce Code Noir a assigné à l’Homme Noir des tâches à effectuer dans la mécanique de la marche du monde. Il doit assumer de manière continue des missions d’agent au service de l’Homme Blanc à qui est naturellement dévolu la glorieuse fonction de penser le présent et l’avenir du monde dan sa globalité.

Le fait religieux de cette relégation, l’ordre d’assignation codifié font de l’esclavage et de la traite négrière un phénomène total de domination d’essence totalitaire dont l’Homme Noir ne peut défaire les mécanismes par les simples acquisitions des pouvoirs économiques et politiques. Il est en effet situé en face des interdits de sens sociaux qui ne lui donneront jamais accès aux codes d’accès à la destitution de toute la société qui s’est installées à la tête de la marche du monde. Cette société lui est insaisissable, car elle est devenue le tout d’un système. En chacune de ses manifestations la société mondiale se présente en face de l’Homme Noir comme un tout qui constamment lui réassigne sa mission et sa place dans le monde, à travers ses multiples alliances notamment le fameux G8. Dans la mesure où le politique et l’économie ne sont que des épiphénomènes, l’Homme Noir a souvent mal ciblé sa contre attaque. Il a cru qu’en gagnant le terrain politique et le terrain économique, il arriverait à mettre à plat le système mondial qui l’opprime depuis plus de 400 ans.

Cette méprise a été si significative qu’elle s’est traduite partout presque par le mépris de la religion chrétienne. Il s’est agi de la plus grosse des erreurs méthodologique de l’Homme Noir. Ce qu’il fallait faire, on a oublié de le faire. Il fallait justement reconsidérer le christianisme et découvrir son si grand pouvoir dont l’exercice d’une de ses puissances a produit à travers la bulle de Nicolas V, l’assignation de l’Homme Noir à cette perpétuelle mission d’esclavage au profit du système monde entier.

Ce système a produit sa capacité de cohésion politique pour l’Occident et a démontré son haut niveau de nuisance à l’Afrique en février 1885, lors de la conférence sur le Congo et le Niger, appelée, la Conférence de Berlin.

3. Conférence de Berlin du 26 février 1885

Après la Bulle Pontificale du 8 janvier 1454 et le Code Noir de Louis XIV de 1685, cet Acte de conférence africaine de Berlin du 26 février 1885 veut compléter et clore ce qu’il faudra désormais appeler le triptyque de la mise en place du fardeau de l’Homme Noir.

Ici e fait majeur caractéristique est la planétisation de la domination qui devra s’exercer désormais sur l’Afrique. Les puissances politique de l’époque sont toutes conviées à cette conférence pour mettre en place une sorte de Code noir international qui concerne les pays. La mondialisation politique est née là. Le monde politique global va s’exprimer face à une Afrique muette.

Cet acte de la conférence de Berlin devrait être interprété comme l’acte de la prise d’indépendance de l’acte politique sur le fait religieux génèr ateur de ce système de domination. Le fait politique devient autonome. La religion n’est plus qu’une réserve de puissance dont se sert un Etat pour accréditer et faire aboutir ses projets politiques de domination.

Le processus de domination mis en place par le fait religieux, converti en ordre public interne et international par le Code Noir a atteint une maturité suffisamment grande pour que le fait politique matérialise l’idéologie de la domination en partition des Etats où vivent les esclaves noirs.

On vit surgir un déplacement symbolique de la possession. Avec le Code Noir, c’est la personne physique ou la personne morale qui possède l’esclave, avec la conférence de Berlin, c’est un Etat qui va posséder les esclaves et les biens matériels et immatériels de l’Homme Noir. D’un côté, on avait l’esclave qui a son maître, de l’autre côté c’est un Etat occidental qui a son état esclave africain. Cet état sera appelé la colonie. La colonisation est la macrobiologisation de l’esclavage. Mais le système colonial, comme le système de la traite négrière auront tous la même subidéologie religieuse. D’ailleurs, on remarquera que la colonisation n’a pu réussir que grâce à l’investissement des missions religieuses. Ainsi les missions patriotiques et les missions religieuses feront le lit de la traduction de la domination religieuse en domination politique.

Cette coalition a suscité souvent la colère de l’Homme Noir. Il a toujours reproché à l’Eglise ce mariage d’un mauvais genre. L’Homme Noir attendait de l’Eglise d’être un allié, mais en cela il ignorait la reconquista de l’identité occidentale qui motivait et motive encore l’action politique.

Au lieu d’une telle politique d’humeur sans effet sur le changement du destin de l’Homme Noir, il fallait naturellement se demander pourquoi le politique occidental a toujours besoin du pouvoir du christianisme pour conduire à bien sa reconversion politique de la destruction de l’Homme Noir.

L’Occident l’a toujours compris. Ainsi, en toute impunité, son armée a pu semer la mort sur les terres africaines.

Dans Les collections de l’Histoire N° 11 Avril 2001, Michel pierre, Agrégé d’histoire dans l’affaire Voulet-Chanoine, relève qu’en 1899 le gouvernement français confie aux officiers Voulet et Chanoine la mission « Afrique centrale » : parvenir au Tchad pour assurer le contrôle du cœur de l’Afrique. L’expédition sème la mort sur son passage et s’achève en dramatique mutinerie. La fin du XIX° siècle voit l’achèvement de la colonisation européenne en Afrique. Une course à la possession où les deux grandes puissances impérialistes, la France et la Grande –Bretagne, rêvent de liaisons mythiques. : « le Caire –Le Cap où flotterait sans discontinuer l’Union Jack, Alger-Brazzaville pour le drapeau tricolore et au même moment envisagé , un axe Dakar-Djibouti ».

Si ces impérialismes affrontés se rencontrent à Fadocha au Niger, à l’automne 1898, où l’on frôle la guerre entre les deux pays, pour l’Afrique c’est le temps des pillages, meurtres et destructions.

En effet, le système colonial se caractérise pour l’Afrique, par l’arrivée du temps du pillage, du travail forcé, de l’exploitation et de la spoliation.

Au fond du Golfe de Guinée, Catherine Coquery-Vidrovitch, Professeur à l’Université de Paris-VII-Denis-Diderot, fait le constat qu’au sud, « les Loango et surtout les Bakongo, héritiers de l’ancien royaume du Kongo, s’étaient vus dépossédés de leur monopole de courtiers du grand commerce par les premières sociétés européennes. Autrefois, maîtres des marchés de transit autour du Stanley Pool, ils devinrent travailleurs sur les premières plantations de cacao ou de café et surtout porteurs sur la route des caravanes » (Les Collections de l’Histoire n°11, p36).

Le système mis en route par le Pape Nicolas V a atteint un tel niveau d’inhumanité, qu’au retour du Congo, en 1927, l’écrivain français André Gide (Voyage au Congo, Gallimard, 1927, réed. « Pléiade », 2001)qui rapporte les traitements inhumains infligés aux récolteurs de caoutchouc par les agents de la Compagnie forestière écrit une « immense plainte m’habite ».

Même si cette immense plainte va contribuer à l’éveil des consciences, il est certains que la domination qui a été sera à cause de son principe qui est religieux.

Airy Routier (in L’Histoire N°251, Février 2001), Journaliste parle de la corruption dans son dossier Pétrole et raison d’Etat. traitant du dossier Elf, il révèle les mœurs de la profession de pétrolier. Mais quand on examine ce dossier en interne, on constate, exactement les mêmes comportements coloniaux. Dans un pays comme le Congo, ces compagnies pétrolières fonctionnent comme à l’époque des concessions. Ils ont mis à la tête de l’Etat, le plus criminel des Congolais, Sassou, comme on plaçait naguère les agents indigènes .

Ces compagnies privées, organisent des guerres, pour briser une région, le Pool, qui risquait dont les ressortissants risquaient de leur opposer une résistance. Il en suit des viols, des massacres, des camps d’otages exactement comme au temps des colonies.

Comment de l’intérieur de l’Afrique, comme de l’extérieur sortir d’un tel piège qui se referme de générations en générations pour sans discontinuer réaliser le projet de la bulle de Nicolas V ?

II. Le combat politique inefficace

Ce qui a été noué par le fond religieux chrétien, par le fond religieux chrétien seul peut être dénoué ! Tel pourrait être le principe de dénouement des mécanismes qui constituent le système de domination contre lequel se débat l’homme Noir sans arriver à se décharger d’une coudée de son fardeau multi-séculaire.

En effet, tout le combat pour la décolonisation a été la grande œuvre maîtresse de la première génération des politiques africains.

Même lorsqu’il y a eu des poches de résistance comme l’Afrique du Sud, cette génération n’a eu de cesse que de chasser le colon de l’Afrique, de toute l’Afrique.

Mais, en fait, c’est un combat toujours inachevé, car l’opération consistait dans une grande part à tuer le colon pour tuer la colonisation.

En réalité, le germe de la colonisation n’étant jamais ni entamé, ni totalement détruit, le combat politique est resté inefficace pour les Africains. Et les Africains n’ont jamais réussi à pénétrer l’Occident pour toucher le cœur du système de domination contre lequel, ils n’ont jamais pu rien faire. Ils n’ont jamais, ainsi, pu briser les fondements de la domination de l’Occident sur l’Afrique.

Au vrai, ce n’est point le colon qu’il fallait combattre, mais l’esprit même qui animait chaque colon et le poussait et le pousse encore systématiquement à considérer l’Homme Noir comme l’ennemi de sa vie.

Or s’agissant d’un système de fondé sur l’esprit, il n’y a qu’un combat contre l’esprit, mené un mouvement spirituel de même nature que celui qui l’a fait naître est capable de le démonter. Les Eglises chrétiennes d’expression africaine ont mis en route un mouvement de type extra nos qui les dépasse dans ses effets politiques, économiques et sociaux. On pense ce mouvement à même de le faire par sa capacité à générer un esprit qui peut réduire à néant le fond et les effets de bulle papale.

La source est la même : la parole de Dieu. L’impact est le même : donner la foi. La reproduction sociologique est la même : la naissance d’un peuple élu de Dieu armé religieusement et politiquement pour une mission contre les goïms (les sauvages, les sous-developpés…)

III. La nouvelle Mission

N’a-t- on pas vu qu’alors que le Canon des missions semblait clos, voici que la géopolitique va être bouleversée par les Eglises Chrétiennes d’expression africaine ?

En France, l’arrivée à la tête de l’Etat de la gauche en 1980 va permettre aux étrangers de créer des associations loi de 1901.

Beaucoup d’Eglises de maison vont devenir des associations de type 1905 déclarées sous la forme de la loi de 1901. Les Eglises d’HLM vont connaître une existence légale.

De là vient la grande floraison de ces Eglises .

En Allemagne les africains sont au début associés à des Eglises ou groupes d’Eglises étrangères. Peu à peu il y aura une espèce d’autonomie.

Parfois les fondations comme Maman Olangué partiront de Belgique pour se répandre en Allemagne, en France, en Italie.

En Grande Bretagne, il y a une traditionnelle organisation qui donne aux Eglises communautaires une place de régulatrice de la vie sociale et politique des communautés.

On rencontre des Eglises Chrétiennes d’Expression Africaines à New York. On en trouve en Chine….

Cette expansion est à la fois Charismatique et suffisamment mondialisée pour poser la question du sens.

Quel Sens ?

Un sens religieux est bien évidemment le plus significatif.

Beaucoup de ces Eglises n’existent que pour donner de la force et la consolation aux ressortissants africains dans leur espace de diaspora.

Ces Eglises sont dans leur forme culturelle et leur mission des Eglises d’importation pour la population endogène.

Mais ces Eglises ont de plus en plus un regard qui considère les terres d’accueil comme des vallées d’ossements à l’image de la vallée d’Ezéchiel.

Le monde et, particulièrement le monde Occidental est regardé comme une terre de mission.

Cette mission serait-elle comparable avec la mission occidentale. Certainement non.

D’une part la Mission Occidentale est bureaucratique alors que ces Eglises ont une mission informelle. D’autre part, la Mission Occidentale est alliée à la mission patriotique, alors que ces Eglises n’ont pas de bras séculier politique.

Le politique africain est incapable de pénétrer les espaces ou les sphères où pénètrent les Eglises Chrétiennes d’Expression Africaine.

Il n’y a donc pas de fonctionnement complice entre la mission religieuse et la mission patriotique Africaine.

Souvent on a constaté dans nos observations que les politiques africains sont opposés aux Eglises Chrétiennes d’Expression Africaine. Ils les mettent en difficulté.

Comment espèrent-ils briser le joug ? Ils ne le disent pas. S’ils le savaient, ils le diraient.

Briser le Joug

Le paradoxe se situe là. C’est là pourtant qu’est la clé du monde selon les Eglises Chrétiennes d’Expression Africaine.

En demeurant au cœur de la mission typiquement religieuse, les Eglises Chrétiennes mettent en place une géopolitique de la religion qui se pose de plus en plus comme une géostratégie de rupture du joug posé sur l’Africain comme l’esclave perpétuel.

D’une part ces Eglises donnent à l’Afrique, qui a connu la mondialisation destructrice, de connaître cette fois une mondialisation dominante.

En effet la loi religion est l’aînée de la politique. Elle fait triompher l’asservi politique par les mécanismes régulateurs autonomes à la religion de relèvement du faible en Dieu et d’abaissement du riche par lui-même.

Par un effet revivaliste, on assiste à l’ère de l’affirmation de l’Homme Noir à partir du mécanisme inédit de la mission religieuse qui l’a asservi.

D’autre part, ces Eglises changent la représentation du monde qu’à l’Africain. Le monde devient un espace à conquérir, car il est inoccupé. Cette inoccupation du monde habitée est très singulière religieuse. Tout religieux semble orgueilleux et total dans son expression . Ainsi Jésus dira : « je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi ».

Cette totalité constate le vide, ou l’inoccupation religieuse de vérité dans un monde habité par les hommes. Ainsi si ces Eglises procèdent par conversion des catholiques, c’est parce que pour elles, l’Eglise de la bulle papale manquant de fidélité à la parole de Dieu, n’est qu’un vide qui fait de l’Occident une monde religieusement inoccupé.

Forte de cette totalité, ces Eglises entrent en Occident et dans le monde sans chercher à savoir quel religieux l’occupait déjà. Ces Eglises occupent le monde par nécessité vitale de donner la vie de Jésus à qui elle manque partout où il se trouve.

Le monde n’est plus un terrible lieu de conglomérat des puissances dominatrices de l’Afrique. Il se voit candidat à conduire la marche du monde selon la volonté de Dieu. Le principe de possession du monde n’est plus la diplomatie industrielle du canon, mais la politique biblique : « toute terre que ton pied foule je te le donne » (Psaume). On découvre une notion nouvelle de la Terre qui appartient à Dieu qui en dispose à sa volonté.

Ce principe qui affole les politiques occidentaux comme on l’expliquait dans le livre, Les nouveaux enjeux théologiques africains (D. Kounkou 2003, Ed. L’Harmattan), est novateur en ce qu’il fait du monde un espace inoccupé spirituellement. Il est libérateur car la théologie exodique de ces Eglises donne une explication à la vie de souffrance et de domination du Peuple Noir.

Le défaut du soutient des Etats d’origine des porteurs de cette nouvelle mission devient un profit providentiel.

Ces Eglises trouvent de la sorte, enfin dans l’ultra mondialisation une Terre Promise qui tue à terme le gêne de la domination : le diable qui a érigé en mission religieuse, la volonté délibérée de ruiner le peuple noir composé également des enfants de Dieu. En invalidant la mission dite occidentale, les Eglises chrétiennes d’expression africaine œuvrent à donner la vraie connaissance qui libère l’Homme Noir qui ne voit plus en l’homme blanc un élu systématique de Dieu. Cette même connaissance libère le blanc qui est conduit à chercher et découvrir dans la bible que ce n’est plus la reconquête de l’identité en faisant de l’Homme Noir l’ennemi de Dieu, qui sauve, mais la connaissance de Dieu de Jésus-Christ.

La mission religieuse de ces Eglises désormais s’affranchit de la mission patriotique, cherche à affranchir l’homme, tout l’homme. Ce que la mauvaise lecture de la bible a lié, la bonne lecture, selon ces Eglises vient le délier et produit le réveil spirituel source de tout progrès politique, économique et social.

Merci MARIE

A partir 8 décembre, il ne fait pas bon de prendre un train à Lyon. J'en ai fait les frais. Venant de Paris, je me rendais à un colloque à Montpellier le 9 décembre 2007. Je m'arrêtai à Lyon un moment avec l'idée de continuer mon voyage le soir. Impossible d'avoir un train. J'ai dû me contenter du premier train le matin. La faute à qui? La faute à Marie! En fait je plaisante . Mais juste un peu!


Car, le 8 décembre, il fait beau de vivre à Lyon et sur les collines du Mont Lyonnais. On voit toutes les fênêtres éclairées par des lumignons qui donnent à cette ville et à sa banlieue une image inespérée de la cité lumineuse dont la splendeur vient d'un fait réligieux notoire : la ville dit merci à Marie depuis les années 1800.


En pleine gare, je lis une belle affiche qui oblige le voyageur même celui qui est furieux de n'avoir point pris son train à dire : "Merci Marie"! Je l'ai lu. En fait je l'ai dit. Je ne le regrette pas. Puisque cet acte m'a donné une manière de mésurer la difficulté de la laïcité à la française. A force de mettre dans un rooting purement privé, le sentiment religieux et même la pratique collective de la réligion du peuple et de la republique, elle est passée à côté de la vraie vie religieuse de la nation.


J'en suis arrivé à me demander s'il n'est pas nécessaire de creer un indice de la pratique religieuse necessaire dans le developpement humain. Ce qui s'observe dans de telles circonstances c'est l'opacité de l'analyse intellectuelle. Elle est obligée de vîte amortir les pratiques religieuses collectives pour en arriver à valider une republique sans Dieu. Or les écarts entre ces pratiques et les discours du déchantement du religieux obligent à ne voir en la laïcité que la capacité de tolérance des pratiques religieuses dans la sphère publique, mais non l'absence du religieux dans la sphère publique.


Pour repositionner cette religion dans la sphère publique, il nous faut avoir une capacity building nouvelle. Ouvrir les yeux sur l'existant, c'est ouvrir la société à la vie par la connaissance qui libère.


Ainsi, ceux qui doivent penser la laïcité de demain sauront enfin ce qu'ils décident. Comment y arriver, sinon en analysant quelles sont les ressources religieuses dont a besoin l'humain pour son developpement et de quelles ressources religieuses le pays dispose déjà afin de les mettre en compétition avec les propositions transfrontalières.
On y parviendra jamais si on ne prend pas au sérieux le religieux dans le developpement humain. La prise en compte et en charge de la ressource religieuse est cruciale pour que la politique et la science soient au sevice de l'humain qui sait dire : Merci Marie!


21 décembre 2007

Interview du Pasteur Dominique Kounkou

04 décembre 2007

LIBERTE PAR LA JUSTICE

Longtemps, le fait du prince a donné un privilège absolu à l’Etat pour régler la question de la liberté de conscience et, très particulièrement, la liberté religieuse. Ce privilège régalien a eu beaucoup de conséquences. On pourrait notamment parler de la confusion tragique des rôles dans la séparation des sphères. Elle laisse place à une sorte de géopolitique de l’oppression régalienne de conscience et des religions. En France notamment, on croyait régler la question de la séparation des sphères avec la loi de 1905 instituant la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

I Géopolitique de l’oppression étatique

La vérité est, qu’en voulant se séparer de l’Eglise, l’Etat n’a rien fait de mieux que de continuer à être l’arbitre de la vie des Eglises, de la conscience individuelle et surtout de bonnes et mauvaises théologies.

En parcourant les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, force est de constater que le problème n’est pas propre à la France.

La cour a sanctionné, le 12 avril 2007, la Bulgarie dans l’affaire « Ivanova c. Bulgarie » (requête n° 52435/99) notamment à cause de la violation de l’article 9 portant sur la liberté de pensée, de conscience et de religion de la Convention européenne des droits de l’homme.

La cour a sanctionné, le 5 avril 2007, la Russie (requête n° 71156/01) par l’arrêt de l’Eglise de Scientologie contre Russie, à cause de la violation de l’article 11 portant sur la liberté de réunion et d’association, combiné avec l’article 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion).

La cour a sanctionné la Géorgie, le 3 mai 2007, dans l’affaire des 97 membres de la congrégation des Témoins de Jéhovah de Gldani et 4 autres contre Géorgie (requête n° 71156/01). Dans ce cas la cour a sanctionné quatre violations :

violation de l’article 3 du fait des traitements inhumains ou dégradants infligés aux 39 des membres et des enfants de 6 d’entre eux.

violation de l’article 3, quant à la réaction des autorités à la suite donnée aux plaintes des 42 requérants

violation de l’article 9 (droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion à l’égard de 96 requérants)

violation de l’article 4 (interdiction de la discrimination) combiné avec les articles 3 et 9.

De manière générale, les violations sont graves, elles caractérisent une situation géopolitique de véritable oppression, ce qui donne à réfléchir sur la réalité des moyens de lutte par le droit, contrairement au silence qui tue. De nombreuses minorités commencent à le comprendre mais d’autres craignent de s’attaquer à l’Etat. Pourtant, l’abus de droit tremble devant le droit qui s’affirme.

II – Le silence tue

Les Eglises chrétiennes sont très peu enclines, en effet, à s’adresser à la justice pour régler les conflits qui les opposent à l’Etat. La pensée biblique ne recommande pas le règlement par les tribunaux des conflits entre chrétiens. Mais à mon sens, cela n’a pas une portée générale qui interdirait à tout chrétien de s’adresser à un tribunal. D’autant que la présence de Pilate dans le procès de Jésus marque véritablement l’appel à l’institution judiciaire pour transférer la loi divine à la société globale. Paul, l’apôtre des païens, fera appel à la justice romaine pour faire valoir son statut de citoyen romain et obtenir un jugement favorable contre le parti des saducéens. On ne peut donc pas mener un combat contre le pouvoir étatique en ignorant les contre-pouvoirs institutionnels qui s’opposent et l’équilibrent.

Pour mieux saisir l’enjeu du combat, il faut partir d’une réalité simple : l’Etat est une fiction politique, chargée de la mise en jeu des intérêts de ceux qui le gouvernent pour l’heure. C’est cela qui a fait dire à certains : je n’ai jamais déjeuné avec l’Etat.

Mais, une fois gouvernée, cette fiction acquiert une réalité puissante grâce au fait que, selon le sociologue Max Weber, l’Etat détient la violence légitime. Ainsi donc, à travers l’Etat, cette violence est mise au service des hommes et des femmes que le suffrage politique ou la violence insurrectionnelle a mis au pouvoir ! D’où, en croyant respecter l’Etat, ceux qui sont oppressés sont soumis à l’idéologie de ceux qui sont au pouvoir et qui, de surcroît, bénéficient de la force publique pour la faire subir à d’autres.

Certes, se pose la question centrale de la soumission aux autorités que l’épître de Paul aux Romains, chapitre 13, pose. Mais cette question ramène à la base du bon choix des autorités qu’un peuple se donne afin de leur obéir.

Quoi qu’il en soit ici, la question de fond conclue à considérer que des hommes et des femmes contre la liberté de conscience et de religion vont utiliser, une fois au pouvoir, les puissances étatiques contre ceux ou celles qui se taisent au lieu d’exiger le respect de leurs libertés. Contre ces puissances, ils n’ont rien à attendre d’autre que la mort.

III – Le pouvoir judiciaire est un contre-pouvoir

Or, le pouvoir étatique ne peut être source de la prospérité que s’il a face à lui de nombreux pouvoirs qui fassent contrepoids à ses puissances.

D’un côté, le pouvoir judiciaire est un contre-pouvoir, surtout en régime démocratique. De l’autre, il est un bras séculier important pour que la société ne fasse pas vivre en silence les victimes du pouvoir qui la gouverne.

C’est au fond un principe majeur de fonctionnement de la société qui , pour vivre en harmonie, a besoin d’un Etat fort, c’est-à-dire doté des pouvoirs qui font de lui la puissance publique. Mais, cependant, quand ce pouvoir devient absolu, il engendre des abus. C’est pratiquement un principe de fonctionnement des pouvoirs.

Ainsi donc, le citoyen ou le groupe de citoyens qui s’estiment lésés par le pouvoir étatique et attaquent l’Etat ne commettent point d’indignité. Au contraire, ils aident le pouvoir étatique à faire progresser la société.
Le pouvoir judiciaire qui donne droit aux citoyens devient de la sorte un mécanisme régulateur du bonheur dans une société qui doit vivre avec espérance.

Ainsi, pour répondre à votre question : minorités de conviction, thérapies alternatives : quelles perspectives ?

La réponse est dans la question elle-même : si vous êtes persuadés que vous donnez du sens à la société globale, la perspective est que vous deviendrez la société de demain. A la condition d’attaquer l’idéologie de l’Etat, de dialoguer avec les sphères de pouvoir quand cette postulation est nécessaire et possible.

L’article du Docteur Amory que j’ai décidé d’intégrer dans les actes de ce colloque sur le bilan de la liberté religieuse en France est plein d’enseignement sur certains aspects de la réponse à votre question.